Le Guzheng est un instrument à cordes pincées de la famille des cithares. Il fait son apparition en Chine, il y a plus de 2500 ans. Les caractères qui composent son nom nom signifient d’ailleurs « ancienne » ( Gu) « cithare (Zheng).
En Chine, jouer du Guzheng est quelque chose de très raffiné: si quelqu’un sort cet instrument pour en jouer, on se prépare d’abord à l’écouter, en étant convié à partager un thé, pour se détendre et se mettre dans un état propice à accueillir le morceau. Lorsque l’on joue, ensuite, tout est soigné pour faire de la pratique de cet instrument un Art complet: le costume, la tenue, celle du dos, du visage, des mains, avec des positions aux nom poétiques (par exemple, pour faire un accord, on pince les cordes dans la position dite des « mâchoires du dragon ».
Dans la musique traditionnelle chinoise, le Guzheng n’a pas vocation à être joué seul: il accompagne la voix, servant de support aux chants… mais aussi aux histoires! Il peut aussi être compris dans un orchestre, comme le guzheng en photo ci-dessous.
Un Guzheng du début du XXème siècle, conservé au musée de la musique, en Belgique.
forme et aspects du guzheng
Le guzheng est un instrument de grande taille, et dont l’aspect invite à l’enchantement.
Les guzhengs sont toujours décorés avec des ornementations magnifiques, témoignant ainsi du raffinement de la culture chinoise traditionnelle.
ongles et plectres
Traditionnellement, le guzheng se joue avec de ongles. Mais, depuis longtemps, déjà, on les a remplacés par des plectres, ces sortes de médiators en cornes, et aujourd’hui, parfois en plastique.
La pose des plectres, fixés aux doigts par un adhésif, requiert une certaine précision et un temps de préparation.
Personnellement, lorsque je me fixe des semaines dédiées au travail du guzheng, je me laisse pousser les ongles, ce qui évite ce temps de pose des plectres.
accordage du guzheng
Mon guzheng compte 21 cordes.
Le guzheng est pensé pour être accordé dans une gamme pentatonique.
Pour les contes, j’ai crée mon propre accordage, afin de disposer de deux gammes différentes et de quatre cordes de basses qui s’accorde avec l’ensemble de ces deux gammes.
Cela me permet de varier les ambiances au sein d’une même histoire, tout en conservant une certaine harmonie dans l’ensemble du conte.
On peut jouer sur deux choses pour bien accorder un guzheng : le placement des chevalets et la clef qui permet de serrer plus ou moins les cordes.
florilège d'effets au guzheng
La particularité du guzheng est que ses cordes s’étendent des deux cotés des chevalets, comme vous le voyez sur la photo ci-dessous. Ainsi, si avec la main droite on pince les cordes, la main gauche est, traditionnellement, uniquement chargée de jouer sur les altérations en appuyant sur la partie des cordes placées de l’autre côté du chevalet (ce qui augmente la tension de la corde montant ainsi la hauteur du son qu’elle produit).
Cela donne une subtilité à l’instrument, puisque nous pouvons contrôler la justesse de chaque note, jusqu’à l’altérer d’un demi ton, et ainsi sortir des gammes pentatoniques prévues dans l’accordage. On peut aussi générer ainsi divers effets comme des bend ou des vibratos.
Dans la demeure du conteur, j'accompagne au Guzheng la lecture d'un des plus célèbres romans chinois: le rêve dans le pavillon rouge
Si vous voulez assister à des concerts de guzheng, -ou si tout simplement la culture chinoise vous intéresse- je vous conseille de suivre ce que propose le Centre culturel de Chine à Paris.
Voici justement l’extrait d’un de ces concerts, particulièrement féérique : » Le chant des eaux de la rivière limpide ».
quelques cousins
En Asie, le Guzheng a de nombreux cousins, comme le célèbre Koto japonais, le Yatga mongol, le Gayageum coréen le Dan tranh vietnamien.
Le plus souvent, ce qui différencie ces instruments est le nombre de cordes jouées et
Dans tous les cas, ces instruments ont été conçus suite aux apports de la culture chinoise, en s’inspirant du Guzheng. Ainsi, le Koto apparaît vers le VIIIème siècle au Japon, le Yalta se développe plus tardivement en Mongolie: aux alentours du XIVème siècle… Alors que le Guzheng, lui, est vieux d’environ 2500 ans!
Yatga mongol des années 1990, donné par l’État japonais au musée des instruments de musique de Bruxelles.